Présentée aux Champs Libres à Rennes, More Sweetly Play The Dance de l'artiste sud-africain William Kentridge a été réinventée grâce à une nouvelle installation sonore immersive. Développé autour de HOLOPHONIX Native et d'un système de diffusion Amadeus, le projet transforme la bande-son stéréophonique originale en une composition tridimensionnelle entièrement orientée objet, tout en restant fidèle à la vision de l'artiste.
Le projet s'inscrivait dans le cadre de Pas sommeil. La fête dans tous ses états, une exposition à l'échelle de la ville consacrée à la fête, envisagée à la fois comme un rituel collectif et une forme de résistance. Cette installation panoramique de 35 mètres plonge le visiteur dans un défilé de personnages en apparence sans fin, où se croisent musiciens, danseurs, mineurs, responsables politiques et figures anonymes. Véritable procession dansée d'images en mouvement et de sons, elle invite le public à entrer dans une danse macabre tout en offrant une réflexion sur les notions d'injustice et d'inhumanité.
Réinventer la création sonore
Depuis 2016, Les Champs Libres explorent les technologies de spatialisation sonore grâce à un système de localisation acoustique installé dans leur auditorium autour du processeur de spatialisation HOLOPHONIX.
Dès les premières réflexions autour du projet, l'équipe a estimé que More Sweetly Play The Dance appelait naturellement une approche immersive. Comme l'explique Dewi Seignard, responsable général de l'auditorium des Champs Libres :
Dès nos premières réflexions concernant la programmation de More Sweetly Play The Dance, nous avons senti la pertinence de recourir à un système spatialisé. Nous ne pouvions néanmoins déposséder notre auditorium de son processeur HOLOPHONIX durant plusieurs semaines. Nous avions par ailleurs connaissance d’un projet de développement chez Amadeus, portant sur une version logicielle de la solution HOLOPHONIX pour plateforme macOS, dont nous avons pu bénéficier en avant-première et participer à différentes améliorations ergonomiques.
L'équipe des Champs Libres a ensuite travaillé en étroite collaboration avec les collaborateurs de William Kentridge afin de développer une nouvelle version orientée objet de la création sonore de l'installation.
Nous voulions dépasser le champ de l’approche stéréophonique, du gauche/droite, en amenant cette œuvre vers une dimension totalement spatiale où les sons seraient en mouvement, suivant les silhouettes de cette danse macabre, surgissant devant, derrière, au-dessus des spectateurs, avec des nuances, des reliefs…,
explique Olivier Le Du, responsable de l'audiovisuel et des expositions numériques aux Champs Libres.
Construire une nouvelle expérience immersive
Pour développer cette nouvelle installation, le sound designer Gavan Eckhart a travaillé aux côtés de Dewi Seignard afin de reconstruire la bande-son à partir des enregistrements d'origine sous la forme d'une composition tridimensionnelle entièrement orientée objet.
L'installation d'origine reposait sur un système de diffusion composé de dix enceintes associé à une bande-son stéréophonique. Pour sa présentation à Rennes, le dispositif électroacoustique a été porté à 22 enceintes, comprenant 16 enceintes Amadeus PMX 5, quatre caissons de basses Amadeus ML 12 ainsi que les pavillons acoustiques d'origine.
Selon Dewi Seignard, préserver la relation entre l'image et le son supposait de maîtriser précisément le moment et la manière dont la spatialisation était appliquée :
Le système nous a notamment permis de parfaitement synchroniser les matériaux sonores avec l'avancée de la procession, quand ce fut nécessaire seulement, car dans le propos artistique la corrélation entre l’image et le son n'est pas automatique. Il nous a fallu respecter le propos, l'évolution de la parade, nous adapter aux mouvements qui ne sont pas tout à fait linéaires, conserver un équilibre délicat entre les différentes sources… Gavan a été très satisfait du résultat final, répétant à plusieurs reprises : it’s magic.
Après avoir évalué les différents algorithmes de spatialisation disponibles dans HOLOPHONIX Native, Gavan Eckhart a retenu l'algorithme LBAP (Layer-Based Amplitude Panning) pour le système principal, ainsi qu'un algorithme de panoramique stéréo pour les quatre pavillons acoustiques. Optimisé pour les configurations de diffusion sur plusieurs niveaux, le LBAP offrait la souplesse nécessaire pour restituer naturellement les déplacements du cortège dans l'espace d'exposition.
La bande-son a été mixée dans REAPER, tandis que les mouvements et trajectoires des objets sonores ont été programmés à l'aide du plugin HOLOSCORE. Le mixage final orienté objet a ensuite été calculé par HOLOPHONIX Native pour assurer la diffusion de l'installation tout au long de l'exposition.
Cette collaboration a donné naissance à ce que l'équipe du projet qualifie de version « augmentée » de More Sweetly Play The Dance. En associant l'univers visuel de William Kentridge à une spatialisation sonore orientée objet, l'installation acquiert une nouvelle dimension en termes de mouvement, de profondeur et d'immersion, tout en restant fidèle à l'œuvre originale.
Nous avons unanimement décidé et notamment avec le créateur vidéo Rembrandt Boswijk (INDYVIDEO) que les prochaines installations de cette œuvre seraient désormais spatialisées avec la solution HOLOPHONIX tant le rendu nous a impressionné. L'intégration de cette nouvelle technologie dans notre flux de production a été quasi-transparente et extrêmement agréable à prendre en main. Le résultat élève définitivement cette pièce à un autre niveau d'immersion et de réalisme émotionnel,
conclut Gavan Eckhart.







